La facture d'un EHPAD additionne un tarif hébergement et un tarif dépendance ; les soins sont payés par la Sécurité sociale. Le reste à charge correspond à ce total, diminué des aides auxquelles la personne a droit : APA sur la partie dépendance, aides au logement et parfois aide sociale à l'hébergement sur la partie hébergement.
Les trois parties du prix d'un EHPAD
Le prix d'une journée en EHPAD se décompose en trois parties, qui ne sont pas payées par les mêmes personnes. Le portail officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr les présente ainsi : un tarif hébergement à la charge du résident, un tarif dépendance à la charge du résident qui peut être en partie pris en charge par le conseil départemental au titre de l'APA, et un tarif soins à la charge de la Sécurité sociale.
Pour une famille, c'est la clé de lecture de la facture : les soins n'y apparaissent pas comme une somme à payer. Tout le calcul du reste à charge porte donc sur l'hébergement et sur la dépendance.
Le tarif hébergement
Il couvre le logement, les repas, l'entretien, l'animation et l'administration. Le comparateur officiel des prix des EHPAD rappelle que le prix de base comprend un socle de prestations obligatoires : mise à disposition d'une chambre et d'une salle de bain, entretien et nettoyage, restauration (trois repas, un goûter et une collation nocturne), marquage et entretien du linge, animation, administration générale.
Deux situations coexistent. Pour les places habilitées à l'aide sociale, le prix de l'hébergement est fixé par le conseil départemental. Pour les autres places, l'établissement fixe lui-même son prix. Le prix peut aussi varier selon la chambre (seule ou double, surface, orientation) : c'est pourquoi il faut toujours regarder de quelle chambre on parle.
Le tarif dépendance
Il finance l'aide apportée dans les gestes de la vie quotidienne : toilette, habillage, déplacements. Il est fixé par le président du conseil départemental pour un an et comporte trois niveaux, selon le degré de perte d'autonomie mesuré par la grille AGGIR :
- le tarif GIR 1-2, le plus élevé, pour les personnes très dépendantes ;
- le tarif GIR 3-4, intermédiaire ;
- le tarif GIR 5-6, le moins élevé, pour les personnes considérées comme autonomes.
Le tarif GIR 5-6 joue un rôle à part. Le comparateur officiel l'appelle aussi « ticket modérateur » : c'est la somme minimale que paie tout résident, quel que soit son niveau d'autonomie. L'APA ne le couvre jamais.
Le tarif soins
Il finance le personnel soignant et le matériel médical. Selon la CNSA, ce budget est intégralement à la charge de la branche Autonomie de la Sécurité sociale. Le résident ne reçoit donc pas de facture pour cette partie.
Le calcul, étape par étape
Pour estimer ce qui restera à payer chaque mois, il faut procéder dans cet ordre.
- Prendre le prix hébergement par jour de la chambre visée, et le multiplier par le nombre de jours du mois.
- Ajouter la part de dépendance qui reste à payer. Pour une personne évaluée en GIR 5-6, c'est le tarif GIR 5-6 en entier, sans APA. Pour une personne en GIR 1 à 4, c'est au minimum le tarif GIR 5-6, auquel peut s'ajouter une participation qui dépend des ressources (voir ci-dessous).
- Retirer les aides versées sur la partie hébergement : aide au logement si l'établissement y ouvre droit, aide sociale à l'hébergement si la personne y a droit.
- Tenir compte de la réduction d'impôt, qui ne baisse pas la facture du mois mais allège le budget sur l'année.
La participation sur la dépendance selon les ressources
La fiche F10009 de Service-public.gouv.fr (mise à jour le 1er juin 2026) fixe trois cas pour une personne en GIR 1 à 4 :
- ressources mensuelles jusqu'à 2 846,77 € : la personne paie seulement le tarif GIR 5-6, l'APA couvre le reste de la dépendance ;
- ressources entre 2 846,77 € et 4 379,64 € : elle paie le tarif GIR 5-6 plus une participation qui va de 0 % à 80 % de la différence entre le tarif de son GIR et le tarif GIR 5-6 ;
- ressources au-delà de 4 379,64 € : elle paie le tarif GIR 5-6 plus 80 % de cette différence.
Pour un couple, les ressources sont divisées par deux. La fiche officielle ne donne que les bornes de la tranche intermédiaire, sans barème détaillé : une estimation honnête affiche alors une fourchette, pas un chiffre unique. C'est le choix fait par le comparateur Clair Aidant.
Un exemple de raisonnement, sans chiffre inventé
Prenons une personne évaluée en GIR 3-4, veuve, dont les ressources mensuelles sont inférieures à 2 846,77 €. Son reste à charge avant aides au logement se lit ainsi : prix hébergement de sa chambre par jour, plus tarif GIR 5-6 par jour, le tout multiplié par le nombre de jours. L'APA prend en charge la différence entre le tarif GIR 3-4 et le tarif GIR 5-6, versée par le département. Si l'établissement ouvre droit à l'aide au logement, celle-ci vient en déduction de la partie hébergement.
Les montants réels dépendent de chaque établissement : ils sont publiés dans l'annuaire officiel des EHPAD, alimenté par les déclarations des établissements à la CNSA.
Les pièges fréquents
Comparer des prix calculés différemment
Le comparateur officiel affiche un prix mensuel « à partir de » égal au prix hébergement en chambre simple par jour multiplié par 30 jours, plus le tarif dépendance GIR 5-6 par jour multiplié par 30 jours, hors aides publiques. Sur une année, un mois compte en moyenne un peu plus de 30 jours. Le site Clair Aidant convertit les prix journaliers en mois moyens (365 jours divisés par 12), ce qui donne un montant légèrement supérieur mais plus proche de la dépense annuelle. Quand vous comparez deux sources, vérifiez la base de calcul.
Oublier les suppléments
Le prix de base couvre le socle de prestations. Les prestations en plus (certaines chambres, services optionnels) sont facturées à part : demandez la liste des tarifs et le contrat de séjour avant de décider.
Ignorer les règles propres au département
La CNSA indique qu'une expérimentation a démarré le 1er juillet 2025 dans 23 départements volontaires : les budgets soins et dépendance y sont fusionnés, une participation forfaitaire unique des résidents remplace le ticket modérateur (tarif GIR 5-6), et l'APA en établissement est supprimée dans ces départements. Si l'EHPAD visé se trouve dans l'un d'eux, demandez au conseil départemental quelles règles s'appliquent à votre proche.
Et ensuite ?
Une fois le reste à charge estimé, la question suivante est souvent : quelles aides demander, et dans quel ordre ? Elle est traitée dans le guide les aides pour payer l'EHPAD. Si les revenus de votre proche ne suffisent pas à couvrir les frais d'hébergement, lisez aussi l'aide sociale à l'hébergement expliquée simplement.
Pour voir tout de suite les EHPAD de votre département classés par prix de base, avec l'indication des places habilitées à l'aide sociale et une estimation du reste à charge qui reste dans votre navigateur, choisissez votre département sur la page d'accueil.
Les EHPAD de votre département classés par prix de base, avec une estimation facultative de votre reste à charge après APA, calculée dans votre navigateur, et un rapport détaillé pour comparer jusqu'à trois établissements.
Comparer les EHPAD de mon départementSources officielles
- Comprendre sa facture en EHPAD, pour-les-personnes-agees.gouv.fr
- Comprendre le comparateur de prix des EHPAD, pour-les-personnes-agees.gouv.fr
- Comprendre les prix affichés dans l'annuaire des EHPAD, pour-les-personnes-agees.gouv.fr
- Allocation personnalisée d'autonomie (APA) en établissement, Service-public.gouv.fr (F10009)
- Réforme de la tarification des EHPAD, CNSA
À lire aussi
- Quelles aides pour payer l'EHPAD d'un proche ?APA en établissement, aide sociale à l'hébergement, APL, réduction d'impôt de 25 % : les aides qui réduisent la facture d'un EHPAD et où les demander.
- L'aide sociale à l'hébergement (ASH) en EHPAD : conditions, famille et récupérationASH en EHPAD : qui peut la demander, ce qu'elle laisse à la personne, le rôle des enfants (obligation alimentaire) et la récupération par le département.